Les perceptions des villes moyennes par les Français

Face à l’« appel de la forêt » ressenti par une majorité de Français, les villes moyennes apparaissent comme des villes-charnières qui parviennent à allier les aménités urbaines et la proximité avec la nature.
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Villes moyennes
Marie Vialle
Marie
Vialle

Directrice d'études, Kantar Public

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Ce sondage a été réalisé pour La Fabrique de la Cité à l’occasion de la première édition des Rencontres des villes moyennes qui a été consacrée aux « trajectoires des villes moyennes ». On découvre pour la première fois, les représentations précises que les Français ont des villes moyennes en général, mais aussi les perceptions et vécus des habitants des villes moyennes en particulier. Au niveau local, les habitants de trois villes, Cahors, Quimper et Charleville-Mézières, choisies pour la diversité de leurs situations ont été interrogés par Potloc : comment y vivent-ils ? pourquoi souhaitent-ils s’y installer ou, au contraire, les quitter ?

Ci-dessous une synthèse vidéo dans laquelle Emmanuel Rivière, CEO France de la Division Public de Kantar, présente les principaux résultats de l’étude à l’occasion de cet évènement :

 

Les principaux enseignements de ce sondage sont les suivants :

« L’appel de la forêt » : les Français dans leur ensemble aspirent à une vie proche de la nature dans un logement spacieux

  • L’attractivité des différents territoires est inversement proportionnelle à leur densité : la région parisienne (74% n’aimeraient pas y vivre) fait figure de repoussoir, tandis que la zone rurale semble largement préférée des Français (56% aimeraient y vivre). Interrogés sur leur lieu de vie idéal, 84% des Français préfèrent la maison à l’appartement, et ils sont même près de la moitié (45%) à préférer habiter dans une maison de campagne avec jardin s’ils le pouvaient.
  • Depuis le confinement et la crise liée à l’épidémie de Covid-19, 21% des Français envisagent davantage de quitter leur lieu de vie. Cette tentation est particulièrement répandue chez les habitants des grandes villes (31% l’envisagent) – dont la région parisienne (36%), et moins marquée chez les habitants des trois villes moyennes testées (Cahors : 9%, Quimper : 13%, Charleville-Mézières : 16%).
  • Les villes moyennes bénéficient chez les Français de représentations très positives, bien loin de l’image de ville sur le déclin, où l’on s’ennuie et où les centres-villes se meurent.
  • L’image de la ville moyenne est très positive aussi bien auprès de ses habitants que de l’ensemble des Français : un territoire qui parvient à allier à leurs yeux les avantages de la grande ville (commerces, service public, innovation) et des plus petites (proximité de la nature, qualité de vie…). C’est également le territoire le plus adapté pour y élever ses enfants (35% des Français, contre 31% pour la petite ville, 26% la campagne et 9% la grande ville) : les habitants de Charleville-Mézières (44%), Cahors (37%) et Quimper (56%) estiment ainsi que les villes moyennes sont le territoire « le plus adapté pour y élever ses enfants ».
  • Les villes moyennes sont majoritairement (48%) perçues comme plus dynamiques économiquement qu’il y a une dizaine d’années, et surtout plus attractives (56%)en particulier à Quimper (63%) et Cahors (62%). Elles attirent 40% des Français, et avant tout les habitants des grandes villes (50% aimeraient y habiter contre 24% des habitants des petites villes ou zones rurales) et notamment de la région parisienne (53% contre 37% en moyenne sur les autres régions).

« Villes moyennes, villes charnières » : les aménités urbaines et la tranquillité, la proximité avec la nature, et un coût de la vie plus modéré que dans les métropoles  

Pour les Français qui déclarent souhaiter y vivre, les principaux atouts de la ville moyenne sont avant tout leur tranquillité (32%) et leur proximité avec la nature (25%), ainsi que le coût de vie accessible (31%) et les logements plus spacieux (23%). Mais elles sont aussi associées à un certain dynamisme (25%) avec un accès aux offres de loisir (22%), de services publics (21%) et de travail (18%). C’est cependant avant tout « pour le travail » (38%) que l’on s’installe en ville moyenne.

Ces villes moyennes font ainsi figure de « villes charnières », rapprochant les aménités urbaines des attraits attribués aux zones rurales.

Vivre dans une ville moyenne

Les habitants des villes moyennes se montrent plus satisfaits que les habitants des grandes villes concernant la proximité à la nature (4/5 contre 3,8), le sentiment de sécurité (3,7/5 contre 3,4).

Ils se rendent moins fréquemment dans le centre de la ville la plus proche (63% s’y rend au moins une fois par semaine, contre 67% de l’ensemble des Français) et les zones commerciales sont privilégiées pour faire leurs courses (62% des habitants des villes moyennes, contre 56% de l’ensemble des Français).

Méthodologie

L’institut Kantar a interrogé un échantillon représentatif de Français et d’habitants de villes moyennes

Terrain réalisé du 28 octobre au 9 novembre 2020 sur deux échantillons :

  • Un échantillon national de 1 800 personnes représentatif de la population française adulte selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence, région, taille d’agglomération).
  • Un sur-échantillon complémentaire de 1001 personnes habitant dans une ville moyenne ou son agglomération (tranches d’unité urbaines de 20 000 à 200 000 habitants)
  • Interviews réalisées en ligne via le panel Kantar
  • Questionnaire autoadministré (CAWI)

L’institut Potloc a interrogé un échantillon représentatif des habitants des villes de Toulouse, Cahors, Charleville-Mézières et Quimper

Sondage réalisé par Potloc sur les réseaux sociaux (Facebook, Snapchat, Twitter) auprès de 3731 habitants des aires urbaines d’une grande ville (Toulouse) et de trois villes de taille moyenne (Cahors, Charleville-Mézières et Quimper). La méthode des quotas a été utilisée et l’échantillon a été redressé selon le sexe et l’âge (d’après les dernières données du recensement INSEE 2017). Au final, le sondage se base sur plus de 1000 répondants par ville pour Toulouse, Charleville-Mézières et Quimper, et à plus de 600 pour Cahors.

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