L'UE en temps de COVID, regard franco-allemand

Français et Allemands attendent un engagement plus fort de l'UE et du tandem franco-allemand pour la politique climatique, vue comme une opportunité en ces temps de crise.
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L'UE en temps de COVID : regard franco-allemand
Emmanuel Rivière
Emmanuel
Rivière

CEO France, Division Public

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Sondage Kantar pour la Fondation Heinrich Böll :

A la veille des cinq ans de l’Accord de Paris sur le climat et du dernier Conseil européen sous la présidence allemande, le bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll présente les résultats d’une étude menée par KANTAR et le Centre Kantar sur le Futur de l’Europe auprès de deux échantillons représentatifs de part et d’autre du Rhin.

Pour une majorité de Français (54 %) et d’Allemands (63 %), la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique sont avant tout une opportunité pour leur pays. Elles sont pour eux un potentiel facteur d’innovation (pour 70 % des Français et 66 % des Allemands) et de création d’emplois (pour 76 % des Français et 69 % des Allemands).

Pour 72 % des Français et 75 % des Allemands, l’échelon européen est considéré comme le plus pertinent en matière de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique.

« Face à des enjeux par nature globaux comme l’environnement ou la lutte contre le changement climatique, l’échelon national semble aujourd’hui de plus en plus dépassé. Pour les Français et les Allemands une réponse à la hauteur ne peut être qu’européenne. » note Eddy Vautrin-Dumaine, Directeur d’études, Représentant pour la France du Centre Kantar sur le Futur de l’Europe.

Plus des trois quarts des personnes interrogées (75 % en France et 77 % en Allemagne) estiment toutefois qu’il faut que l’ensemble des pouvoirs publics aillent « plus loin » en matière de transition énergétique. 60% des Français estiment que leur gouvernement « n’en fait pas assez » sur la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique, une opinion partagée par 55 % des Allemands.

Il n’est donc pas surprenant que les deux tiers (67 %) des Allemands et des Français approuvent le vote par le Parlement européen de l’objectif de réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 – alors que seule une réduction de 55 % est à l’ordre du jour du Conseil Européen de cette semaine.

En matière de politique énergétique nationale, alors que l’Allemagne fermera ses dernières centrales nucléaires en 2022 et a mis en place un programme en matière de transition énergétique (Energiewende), une majorité d’Allemands (51 %) estiment que la sortie du charbon en 2038 (selon le plan du gouvernement de la grande coalition actuellement au pouvoir) est « trop tardive » quand 23 % estiment qu’elle est « la bonne » échéance.

En France, 63% des Français souhaitent un maintien du nucléaire mais avec dans le même temps des investissements dans les énergies renouvelables. Les Français sont de plus incertains quant à la sortie du nucléaire : 41 % estiment qu’il est possible d’en sortir sous 20 à 30 ans, contre 40 % qui estiment que cela n’est pas possible (19 % ne se prononcent pas).

Notons toutefois que les Français estiment qu’il faut investir prioritairement dans les énergies renouvelables – 43 % « dans les énergies renouvelables » et 21 % « en priorité dans les énergies renouvelables mais aussi en partie dans le nucléaire ». 

On note aussi une volonté partagée, de part et d’autre du Rhin, d’aller vers des objectifs communs à l’échelle européenne, sur le climat et sur les énergies renouvelables : 69 % des Français et des Allemands souhaitent en effet que l’Europe aille vers un objectif 100 % énergies renouvelables en 2050.

Les résultats de ce sondage montrent également que le pacte vert européen est un sujet jugé « important » pour les Allemands (79 %) et les Français (78 %) - et même « important et prioritaire » par 45 % d’entre eux - et que le tandem franco-allemand doit être un acteur essentiel de sa réalisation : 80 % des Français et 76 % des Allemands considèrent qu’il faut pour cela que l’Allemagne et la France travaillent ensemble et que les deux pays « soient exemplaires » (pour 79 % des Français et 75 %  des Allemands). 

« Ce que nous disent ces chiffres c’est qu’avec le Pacte vert européen, le couple franco-allemand à une occasion inespérée de montrer sa capacité d’action face à un défi commun : la lutte contre le réchauffement climatique et la transition énergétique » souligne Eddy Vautrin-Dumaine, de Kantar.

Les résultats du sondage montrent également que Français (63 %) et Allemands (61 %) estiment que la gestion de la pandémie serait plus efficace si des mesures étaient appliquées à l’échelle européenne plutôt qu’à l’échelle nationale. Il y a par ailleurs une nette différence dans la confiance accordée aux gouvernements à Berlin et Paris pour faire face à la crise sanitaire : seuls 38 % des Français font confiance à leur gouvernement pour prendre les bonnes décisions face à la crise sanitaire (52 % ne lui font pas confiance) contre 66 % des Allemands (27 % ne font pas confiance au gouvernement fédéral).

Étude Kantar, réalisée en ligne du 23 au 25 novembre 2020, pour Heinrich Böll Stiftung Paris, auprès d'un échantillon de

  • 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, PCS, région).
  • 1000 personnes, représentatif de la population allemande âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, niveau de revenu, région).
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